Les métiers de l’herboristerie

Histoire de l’herboristerie

Pour comprendre la variété des profils des praticiens en herboristerie aujourd’hui, il est nécessaire de comprendre l’histoire de l’herboristerie.

Le travail d’Ida Bost et de Carole Brousse permet notamment de découvrir l’évolution au cours du temps de la place de l’herboristerie dans la société. Ida Bost, chercheuse en ethnologie de la santé, a soutenu une thèse de doctorat en ethnologie sur les pratiques herboristiques.

Carole Brousse, docteure en anthropologie sociale, est aussi auteure d’une thèse sur l’herboristerie paysanne en France.

Différentes périodes de l’histoire de l’herboristerie

Ressources complémentaires

Histoire de l’herboristerie française, interview d’Ida Bost

L’herboristerie du XVIIIe s. à 1941, conférence d’Ida Bost

  • BOST, I. (2016) Herbaria : Ethnologie des herboristes en France, de l’instauration du certificat en 1803 à aujourd’hui, Thèse de doctorat en anthropologie, réalisée sous la direction de Laëtitia Altani-Duault, Faculté de Nanterre, France

Être herboriste aujourd’hui

L’absence d’encadrement législatif a incité les herboristes à réinventer leur métier, proposant une diversité de profils allant de l’herboriste de comptoir au paysan herboriste. L’étude d’Ida Bost (Bost, I. (2018). “Herboriste une profession, une formation. Rapport à destination de la Fédération des Écoles d’Herboristerie”) montre quatre profils généraux.
Il est très rare que ces profils soient stricts : si les herboristes ont généralement un profil dominant (voire deux), ils le combinent presque systématiquement avec un ou plusieurs profils secondaires :

Le profil d’herboriste de comptoir

L’herboriste de comptoir exerce son activité dans un espace dédié à la vente et au conseil. Il/elle y propose des plantes sous diverses formes. C’est un recours de « première intention » : à l’écoute du client, il/elle conseille, éduque aux questions de santé, de bien-être et d’environnement, et va, au besoin, requalifier la demande ou renvoyer vers un autre professionnel. Il/elle s’assure de la connaissance des usages, des précautions d’emploi, des contre-indications et des interactions. Il/elle est soucieux de la qualité des plantes et des extraits de plantes qu’il/elle commercialise et de la protection des ressources. Ce profil s’appuie notamment sur les savoirs transmis par les écoles de la FFEH.

Le profil de praticien.ne en herboristerie

Le/la praticien.ne en herboristerie est un.e professionnel.le du bien-être spécialiste des plantes aromatiques et médicinales, proposant un accompagnement dans la durée. Cet accompagnement repose sur des consultations longues, qui utilise l’herboristerie et les outils d’hygiène de vie (alimentation, gestion du stress).. Il ou elle fournit un conseil dans le cadre d’un cabinet (physique ou à distance). Ce profil s’appuie notamment sur les savoirs transmis par les écoles de la FFEH et parfois par la possession d’une formation complémentaire (diététicien, naturopathe, psychologue, etc.).

Le profil de passeur de savoirs

Le/la passeur.euse de savoirs concentre son activité sur la transmission du savoir herboristique auprès de populations variées. Cette transmission repose sur des activités de découverte et de sensibilisation qui peuvent prendre diverses formes : ateliers, cours, formations, sorties botaniques, visites de jardins, interventions en classes, expositions dans des conservatoires, publications, etc. Outre la transmission d’informations sur les plantes aromatiques et médicinales, le/la passeur.euse de savoir sensibilise également son public au respect et à la préservation de la ressource ainsi qu’à la prévention des risques associés à l’utilisation des plantes. Ce profil s’appuie notamment sur les savoirs transmis par les écoles de la FFEH.

Le profil de paysan.ne herboriste

Le/la paysan.ne herboriste cultive et cueille des plantes aromatiques et médicinales locales, qu’il/elle  transforme en préparations simples (baumes, tisanes, macérations solaires, etc.) pour les vendre en direct et en circuit court dans le respect de la réglementation et de la ressource. En règle générale, ce profil combine notamment des connaissances transmises par les écoles d’herboristerie et des formations agricoles obtenues par un organisme autre (type CFPPA). Depuis l’inscription du titre de Paysan.ne Herboriste au RNCP, il est maintenant possible d’obtenir le titre officiel de paysan.ne-herboriste en validant une formation dispensée par les centres de formation conventionnés par la Fédération des Paysans Herboristes ou en présentant le titre par la voie de la validation des acquis de l’expérience.

Portraits d’herboristes

Marion Blandin - l’herboristerie Kamomille bourgeonne

Après 25 ans de salariat en direction de projet, Marion Blandin décide de se reconvertir professionnellement en suivant sa passion pour les plantes. De 2018 à 2021, elle se forme à l’École des Plantes de Paris (EDPP). C’est là qu’elle choisit …

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… son projet professionnel d’ouvrir une herboristerie et le renforce, en travaillant sur son business plan, en fréquentant d’autres herboristeries… L’EDPP lui apporte aussi un réseau, « une famille » et un appui « Les enseignants y sont en perpétuel apprentissage, je sais que je peux toujours les appeler si j’ai une question, ils sont toujours présents pour répondre et m’aider. »

D’abord, elle ouvre son herboristerie en ligne : https://www.kamomille.com/, puis en 2023, sa boutique au 111 rue du Théâtre (75015 Paris). « Je suis ma propre patronne, je fais ce que j’aime, je me sens à ma place ».
Bien que Marion soit déjà à 150% de son temps dans la mise en route de son herboristerie, elle a aussi d’autres casquettes. 
– Elle est une membre fondatrice de la toute nouvelle Association des Herboristeries de France.
– Elle s’investit aussi en tant que présidente de Graines d’Alumni, l’association d’anciens élèves de l’EDPP qui permet de garder le lien et de favoriser l’entraide entre les anciens élèves et l’école. 

Marion aime dire de ses activités qu’elle « sème des graines. C’est la saison des semis en ce moment ». Alors, que ce soit pour la nouvelle herboristerie Kamomille, Graines d’Alumni, ou l’Association des Herboristeries de France, allons-y, propageons, diffusons, faisons bourgeonner ces belles graines. 

Retrouvez l’Herboristerie Kamomille au 111 rue du Théâtre (75015 Paris)
ou en ligne https ://www.kamomille.com/

Contacts : 
01 40 55 93 30

Facebook : Herboristeriekamomille

Instagram : kamomille_herboristerie

Linkedin : herboristerie-kamomille

 

Emilie Boulay, l’amour du comptoir

Émilie découvre les plantes et le conseil au comptoir à 15 ans, lors de son stage découverte de 3ème dans la pharmacie de son village natal. C’est une officine à l’ancienne…

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où les préparations y sont personnalisées et réalisées dans l’arrière-boutique. Elle décide alors de passer un brevet de préparatrice en pharmacie. Elle travaille par la suite dans une pharmacie en région Parisienne mais ce n’est plus le même monde. Confrontée au stress, à la compétitivité et engagée dans une démarche commerciale, Emilie ne se reconnaît plus : les plantes ont disparu de son univers, le temps au comptoir est minuté. 

Elle intègre en 2020, la formation « herboristerie, plantes médicinales et médecine douce » d’IMDERPLAM. Emilie dévore les cours et songe rapidement à ouvrir sa propre boutique, consciente de ce que l’accompagnement par les plantes propose comme solutions pérennes aux maux du quotidiens. Nous sommes en plein confinement, mais tout s’enchaîne de façon fluide comme une évidence. 

Le 5 Avril 2023 « l’herbier d’Emilie » ouvre ses portes à Figeac. Elle y retrouve l’amour du conseil au comptoir, le plaisir d’aider les gens, de les voir évoluer : elle se sent réellement à sa place.

Marion Desray, la Plante Libérée

C’est à l’adolescence que Marion Desray découvre sa passion pour les plantes. Initialement ingénieure-chimiste spécialisée en environnement, et désirant retrouver du sens dans sa vie professionnelle, elle souhaite changer de voie, et réduit progressivement son temps de travail pour se donner le temps de la réflexion.

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Afin de garder tout de même un pied dans son ancien métier, elle choisit la formation à distance ARH-IFH, et c’est la révélation : désormais armée d’un socle de savoirs herboristiques, elle est sûre de sa vocation ! Elle crée en 2018 son entreprise au nom bien choisi :  « La Plante libérée« , et se consacre à la saponification à froid et aux cultures autour de sa maison.
En 2021, elle décide d’acquérir 6,5 hectares de terre pour donner de l’espace à ses plantes médicinales, et transplanter ses essais « sans eau » qui lui tiennent à cœur.
Elle profite de stations de cueillette déjà implantées sur son nouveau terrain : thym, immortelle, cade, de l’aubépine, de la sarriette… Elle auto-construit un séchoir solaire et prévoit dans la foulée un abri de stockage pour ses plantes.
Diversifiant sa production avec des tisanes, des sirops, des macérats huileux, des baumes, elle organise également des ateliers et des sorties botaniques à destination du public ou des scolaires. Elle a mis en place des collaborations locales avec de la saponification à façon : elle a ainsi pu créer à destination d’éleveurs ou de producteurs locaux des savons au lait de chèvre, à la spiruline, à différentes huiles essentielles ou au miel et à la propolis sous mention Nature et Progrès.

Retrouvez le portrait complet ici

Thomas Gieux, paysan herboriste d’Herbs Folles

Thomas Gieux est né et a grandi à Rennes ; un pur citadin, devenu paysan herboriste !! Lors d’une expérience de woofing en Australie, il découvre les plantes médicinales. Il revient alors en Bretagne et travaille cinq ans en maraîchage biologique. Il décide de suivre en parallèle les cours de l’Ecole Bretonne d’Herboristerie de 2016 à 2018. En 2018, il cherche…

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des terres agricoles sur la commune de Trégunc (29) et présente son projet d’installation à l’adjointe à l’urbanisme de sa commune. Elle est emballée et ils signent une convention d’occupation à titre gracieux pour une durée de 9 ans. Il y crée Herbs Folles; “Herbs” en clin d’oeil à l’Australie et parce qu’il a toujours utilisé le terme “herbe folle” pour désigner une soi-disante “mauvaise herbe”.. 

En 2019, il commence la commercialisation de tisanes et d’hydrolats sur le marché bio de Trégunc. La vente directe lui prend énormément de temps mais elle lui permet aussi d’être en contact avec ses clients. 

Depuis son installation, Thomas est très satisfait. “J’adore ce que je fais, je suis l’un des hommes les plus heureux !!”

Julien Martre, cueilleur et distillateur de “Boèmia”

Après des études agricoles, Julien s’intéresse aux plantes aromatiques de son terroir. Il découvre la distillation en 2012 lors d’un stage chez un producteur de l’Aude.
En 2013, Julien a 30 ans et parcourt les montagnes pour…

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cueillir avec respect cyprès, thym, lavande aspic. Il les distille chez son ancien maître de stage et fait les marchés. Très vite, il se trouve confronté à une demande d’huiles essentielles exotiques qu’il ne peut produire. Il réalise que, pour vivre de sa passion, il doit élargir sa gamme et se met en quête de producteurs responsables ayant le label « commerce équitable ». Il cherche le juste équilibre entre une production locale et la distribution, sous sa propre marque, d’huiles essentielles et d’hydrolats étrangers de qualité : Boèmia est née (bohème en occitan).

En 2016, il démarre en parallèle  la formation « herboristerie, plantes médicinales et médecine douce » d’IMDERPLAM. Cela le pousse à réfléchir sur le rapport entre l’homme et le vivant. Il y apprend à mieux connaître la flore qui l’entoure et ainsi à mieux préserver les espèces menacées.

Aujourd’hui, Julien continue la cueillette sauvage et cultive aussi près de 3 hectares en agriculture biologique. Il est aussi membre du conseil d’administration de l’Association Française des Cueilleurs qui a pour but de fédérer les professionnels de la cueillette afin de mettre en place une cueillette respectueuse de la ressource, des milieux et des hommes.

Aline Roux, Herboristerie "Menthe et Verveine" à Bergerac

Après sa formation à l’ARH-IFH, Aline Roux a décidé de créer sa petite herboristerie, qu’elle a nichée dans une petite rue de Bergerac, en plein cœur du vieux centre-ville. « Menthe & Verveine » est une échoppe pleine de charme, où les bergeracois trouveront …

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des conseils avisés et une grande variété de produits à base de plantes.

Aline a passé ses examens à la fin de sa formation ARH-IFH en juin 2022 et a ouvert son herboristerie « Menthe et Verveine« , le 1er août 2022.

Elle propose à la vente un complexe de plantes en gemmothérapie dont elle a de très bons retours, et elle sait que c’est une valeur sûre. La création des mélanges personnalisés pour ses tisanes est ce qui lui procure le plus de plaisir : en fonction d’une demande particulière mais également juste pour le plaisir de boire une tisane…comme on boit du thé.
Aline sait aussi qu’une tisane avec un goût trop désagréable ne sera pas bue, et donc ne servira à rien. Elle travaille donc ses mélanges de plantes sèches en terminant avec quelque chose qui rehausse le goût, et si elle aime peaufiner le visuel, c’est pour rendre la tisane appétissante ! Ces notions ont été bien apprises pendant sa formation à l’ARH-IFH.

Qu’est-ce qu’une herboristerie ? Qu’y trouve-t-on ? Aline peut au besoin devenir pédagogue et aime à informer sa cientèle que les tisanes ne sont pas le seul produit que peut proposer un(e) herboriste.

Retrouvez l’interview complète sur le site de l’IFH